Benoit Beunet

Alors là, c'est de la haute littérature qui vous attend!!

24 février 2008

PARIS

Ainsi se termine ma semaine de vacances, dans le spleen!
J'étais à Paris tout ce début de semaine, chez mon ami Alexandre, Parisien. Sorti du TGV lundi, je fonce dans le métro direction chez lui, pas loin d'une des vingt portes qui tournent autour de Paris. Puis re-métro, direction le quartier Beaubourg. Je rentre dans la bibliothèque Georges Pompidou, prends un billet pour le musée-expo sur l'art Contemporain. J'en prend plein la gueule, notamment grâce à la vue imprenable sur tout Paris. Je tombe amoureux de tous ces artistes et de ces gens qui regardent, passent, admirent, s'ennuient, dessinent les oeuvres qui en fait appartiennent à notre quotidien. Mes jambes se fatiguent, j'achète un sandwich à 5euros, des Dolipranes et repart dans ce métro. Je m'arrête à Shoppi acheter une bouteille d'eau. J'essaie de trouver la rue Trévise, je tombe sur un théâtre, celui de Trévise. Merde, c'est pas la bonne adresse. Je donne de fausses indications à Alexandre, que je n'ai toujours pas vu mais qui me rejoint à ce théâtre où l'on va découvrir Cindy "Dans la peau d'une grosse". Je découvre le théâtre, ça à l'air petit. Je suis en avance, je donne de nouvelles infos via sms à ALexandre qui arrivera pile à poil à 19h. Je prends nos places. Je m'installe à une place. La salle est petite et la foule est là. "Je suis navré mais j'attends quelqu'un" Même avec mes 55 kilos je prends de la place. Je me suis étalé avec mes affaires. Alexandre ne trouve pas, il m'appelle pour un radio guidage. "Votre ami arrive?" En courant! Le spectacle commence, Alexandre s'assoit et me fait la bise. Le spectacle est drôle. Je suis même obligé de retenir mon rire de phoque mélangé à une truie pour éviter de déstabiliser le comédien qui est à seulement quelques mètres de nous. Les gens applaudissent. L'auteur de la pièce était juste derrière moi. On s'enfuit dans une bouche de métro, je n'ai pas le temps de faire mes compliments à ce comédien des plus talentueux, Stéphane Navarro et à toute son équipe. Internet sera là pour cela...
Le lendemain. 9h. La tour Eiffel et le palais de Tokyo m'attendent mais je fais une halte au jardins du Luxembourg. "C'est d'un romantisme absolu" m'ont confié mes amies qui jouent avec moi au théâtre. Je ne suis pas sous le charme mais je suis fasciné par le Sénat: inaccessible, imprenable et plus de 200ans d'Histoire et de lois s'offrent à moi. Je vois le Panthéon. Marche jusqu'à lui. "Aux grands hommes qui ont servi la Nation"! Merde jamais un président de moins d'un mètre soixante n'y entrera. Je reviens sur mes pas, la Sorbonne puis une bouche de métro direction la Tour Eiffel. Plus précisément, le Trocadéro qui surplombe la vue sur cette tour puis le Champs de Mars. Je me paie un sandwich, toujours 5 euros. Des marchands à la volette me proposent une mini tour Eiffel qui s'illumine quand on appuie sur le haut. Je ne peux cautionner cet achat et refuse de ma main. Je continue en regardant cette haute tour. Il y a un monde fou qui attend à ses quatre pieds pour y monter: 20euros. Quel attrape touriste! C'est gratuit en allant sur les hauteurs de Montmartre et c'est moins bruyant. Je traverse la rue. J'aperçois un gras et riche millionnaire en limousine avec son staff audiovisuel. Ca sent la pub à trois roubles. Y'a même une blonde qui fait six fois moins son poids, elle est dans ses bras, pas très rassurée. Ca pue vraiment l'oseille sur ce banc. Je continue jusqu'à cette oeuvre où il est inscrit paix dans toutes les langues. Il y a quelques années, cet édifice a été endommagé. Je me rend compte qu'ils l'ont réparé. Comme si on réparait la Paix?! Je me mets à filmer mon doigt, le majeur, en fond la tour Eiffel et ce monument de verre et de Paix. Des parisiens me voient comme si je faisais un doigt à la Tour Eiffel. Ils n'apprécient pas mon geste. Un coup de téléphone. Stéphane Navarro. Mon étonnement est grand. Je converse avec lui et me fais attaquer par des pigeons: ils ont autant la dalle que ces clochards, dans Paris. Je converse un peu avec le comédien sur la pièce de la veille: "Vous méritez d'être connu, cher Stéphane". Un petit bouseux provincial ose donner son avis sur un comédien parisien. Je me sens d'attaque à visiter le Palais de Tokyo. J'ai mal aux jambes et aux reins. Je longe la Seine. Remonte une ruelle et me retrouve devant le musée d'Art moderne de la ville de Paris. C'est sûrement le Palais de Tokyo car c'est ouvert et que les musées nationaux sont fermés le mardi. Raté, j'ai déjà mon billet pour les oeuvres d'un artiste allemand, A.R Penck. Rien à voir avec le palais de Tokyo. On me demande de déposer mon sac aux vestiaires " Nous sommes en plan vigipirate". C'est rassurant. Les oeuvres sont minimalistes. Je découvre que le peintre a eu deux noms d'empreints très américanisés durant les années soixante-dix. Ca devait être à la mode. Devant une toile noire et blanche je m'émeut. Le titre est évocateur. Il me rappelle la Shoah. C'est dégueulasse de trier le gens par leurs origines. Je suis un peu révolté car pas loin de Paris, des gens de couleurs sont enfermés dans des centres de rétention. Et moi, je m'émeus devant une toile qui me rappelle que l'Histoire est cyclique et que l'Humain est sot! Je sors. Je remercie l'hôtesse d'accueil qui s'étonne de ma politesse "Bonne journée au revoir!" Cette phrase a étonné bien de mes succincts contacts que j'ai eu dans Paris. L'entrée du palais de Tokyo est à côté. La porte me lâche des mains. Je la rattrape. Je suis un peu fatigué je crois. Je patiente pour acheter mon billet. C'est étrange car l'accueil billet ressemble à une baraque à frite sans les frites ni l'odeur. Je trouve l'hôte d'accueil mignon mais ses yeux un peu rouges me laisse penser qu'il est exténué de sa journée, ou d'une veille trop arrosée. "Bonne exposition"me dit-il en me glissant le billet d'entrée dans la main. Je le prends pour moi; pourtant faut pas, il dit ceci machinalement à tous les curieux qui sont venus voir LE palais de Tokyo. Je découvre une large et haute porte. On se croit devant un s.a.s de sécurité de l'arrière stock d'un magasin de grande distribution. Il suffit de s'approcher de cette porte et dans une violence, elle s'ouvre automatiquement avec un gyrophare sur le coté. On est plongé dans une ambiance avec des bruits très graves, des lumières très blanches. Il fait sombre. Je ne suis personne et me sens dans l'oeuvre. Je vais faire partie de l'oeuvre? Beaucoup d'étudiants, sûrement en beaux arts. Ils ont carnet et essaient de dessiner dans l'obscurité. J'adore le lieu. Je reste bien facile deux heures alors que le tour peut être fait en à peine une demi heure. Je regarde les gens. Je les observe. Personne ne voit car il faut sombre. Mon mal de dos revient il faut que je m'assois. Je sors de l'expo par l'unique entrée et sortie. Trouve un fauteuil en plastique rose. A punaise ça fait trop du bien. Je vois qu'ils vendent des cartes postales d'art moderne, de photographes que je connais absolument pas. La boutique de livres et de cartes est trop petite. "4 euros" me demande ce gars aux grosses lunettes noires et aux cheveux absents. Il ressemble à Moby, le chanteur. Je lui souhaite une bonne journée. Il est étonné de mon souhait. Un sourire et je m'enfuis dans une bouche de métro via chez Alex. Personne à l'appart. Je fais une sieste. On sort peut-être ce soir. Finalement non, ce sera télé.
Mercredi c'est Louvre. Comme j'en ai pas mal fait depuis deux jours, je me lève super tard. 11h. Merde je vais être en retard pour le Louvre. Je prends ma caméra. On ne sait jamais. Il parait qu'il y a une certaine ambiance au Louvre lorsque la nuit tombe. J'arrive côté porte Richelieu. Je traverse la grande avenue. Je fais le tour du parvis et des 4 pyramides, dont la plus grande est l'entrée pour le musée. Des vendeurs à la sauvette me propose un parapluie noir. Ridicule, j'en ai un il est rouge. Un américain est debout sur un muret. Il parle à un groupe. Sûrement fait-il l'apologie de Marie-Antoinette? Idiot d'américain. La famille royale s'était déjà barrée à Versailles! Je retourne vers la grosse pyramide. "Et dire que ce modernisme a fait scandale, tout comme le musée Beaubourg, lors de sa construction!" Je me décide à entrer dans Le Louvre.
C'est immense. Je me sens perdu. J'envoie un texto à une amie et prends mon billet au guichet automatique car il n'y a personne. Il y a plusieurs entrées. J'ai envie de faire mon touriste direction La Joconde. Je tombe sur la Victoire. Je la photographie et l'envois à cette même amie. Je continue. De grandes toiles. Beaucoup d'italiens. Je suis les flèches qui indiquent La Joconde. J'entre dans la salle. Des cars entiers d'asiatiques ont envahit cette toute petite salle où abrite La Joconde et cette autre immense toile qui se trouve en face. Je reste et contemple sur le coté gauche puis droit La Joconde. C'est un faux, une reproduction. Qui laisserait photographié avec des flash immondes cette inestimable oeuvre? Je m'en vais de cette salle. Trop de monde. Trop de gens. Je suis pris d'émotions devant tout ce patrimoine, toute cette Histoire. Il se fait tard. La nuit vient de tomber sur le musée. Une ambiance d'absence est en train de naître: moins de personnels, moins de salles ouvertes, moins de lumières, moins de touristes. Je croise un couple d'espagnol dans une salle de peintres espagnols. Ils commencent à s'embrasser. Je me sens de trop, je quitte la pièce. Je continue mon chemin. La Joconde est toujours présente. Ses admirateurs sont toujours là, moins présents. Je descends chez les pharaons. Me perd dans le moyen-âge puis vers la renaissance. Je confond un couple avec des statues de marbre en admiration devant une tombe du Moyen-Age. Je sursaute. Je quitte la pièce en pouffant de rire. Je croise deux hommes descendant dans un escalier qui je monte, monte et tourne. Je suis à leur hauteur. Ils s'embrassent. Je me sens transporter dans un roman du Marquis de Sade. Il se fait tard. J'appelle Alexandre pour l'annoncer de mon retour à l'appart. Soirée tartiflette. On se marre. On joue de la guitare. On chante. Minuit au dodo. Je ne dors pas de la nuit. Je refais tout mon séjour. Je dormirais dans la TGV.
Jeudi dodo.
Vendredi Vivi. On se marre, on refait le monde, on se confie. "Je t'ai acheté un cadeau pour ton anniversaire" Trop sympa Vivi, t'es la seule qui m'en a fait un. Cela me touche, d'autant plus qu'il s'agit d'une encyclopédie sur la photographie. Je trouve le cadeau tout à fait approprié. Vivi et Fafa me connaissent bien. On s'adore!
Samedi je glande. Vivi passe pour l'apéro. Elle voit son filleul ce soir. Moi je dîne avec Alexandre qui est venu faire du ski pour le weekend. Il a les nerfs, je suis en retard d'une demi heure. "Ca va, il ne fait pas trop froid". Je ne sais pas ce que j'ai mais je suis hypra fatigué. Je ne bois pas d'alcool de peur de tomber. Le dîner se termine. Je refuse le dernier verre mais cela ne nous empêche pas de déconner dans la ville. On danse même de la Tecktonik. Alexandre me montre fièrement combien il sait danser ce style déjà ringard dès que la mode fut lancée. On se donne rendez-vous demain pour un ciné "Même s'il fait beau, j'ai fait assez de skis pour ce week-end"
La séance est à 14h. Il fait beau et chaud mais Alexandre et moi avons décidé de s'enfermer pour Paris, de Klapisch.
Paris est un film de Klapisch avec une fois de plus Duris. Je n'aime pas le jeu d'acteur de Duris. Mauvais acteur. En plus, il a cru être récompensé lors d'une cérémonie des Césars. On pouvait lire son mécontentement et son amertume. Duris n'aura jamais la revanche qu'il attend tant, car il joue trop mal. Sauf que là, il est d'une telle authenticité qu'on ne peut que l'adorer. C'est l'un des rares protagonistes qui nous émeut dans une justesse pudeur. Puis Alexandre me dit:" C'est qui lui? Je l'adore" Fabrice Lucchini. Une scène incroyable chez un psy me laisse penser que Klapisch est en train de toucher au vrai. Tout le monde sait que Lucchini est névrosé. Lucchini ne croit pas au psy, du moins son personnage d'historien ne croit pas à la psychanalise car il croit aux preuves tangibles. Puis Lucchini pleure, c'est une fois de plus authentique. Le film a le nom d'une ville qui est une capitale, celle de la mode, de la culture, du parisianisme. Tous synonymes de superficialité. Et bien au contraire, tout est authentique et on ne peut que y croire. Paris n'est qu'un décor, les personnages, les habitants ne sont pas parisiens comme on souhaite l'entendre. Bref, pour reprendre une phrase d'une grande dame (qui a manqué à l'affiche de ce film) si le théâtre c'est la vie, et bien le cinéma en est une histoire tout aussi vraie.
Ainsi s'achève ma trop courte semaine de vacances. Un extrait très condensé de ce que j'ai pu vivre avant mon anesthésie générale au travail afin de faire face à une réalité qui m'angoisse déjà:


Paris bande annonce
envoyé par caro8049


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23 février 2008

Sarko sent des pieds autant que le Camembert président

Nicolas est allé faire l'ouverture du salon de l'agriculture. On est bien loin des années Chirac, où on voyait notre gros gras dodu président s'empifrer avec du saucisson, du vin de pays, caresser du cul de taureau, se taper de la chévre!!
Nouvelle génération oblige, les images parlent d'elles même:

PS: je dois cette sublime info à Caro et ses pensées de ronde http://penseesderonde.mabulle.com/

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22 février 2008

Le répondeur de Mireille

J'avoue être un peu chauvin sur ce coup, mais j'adore ce qu'on a fait de cette petite série issue tout droit des différentes approches humoristiques qui m'entourent et me parlent... Merci à Delphine encore pour sa merveilleuse participation. Vous allez bien prendre un petit coup d'interlude musical?


Le répondeur l'interlude musical
envoyé par benoitbeunet

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21 février 2008

Dans la peau d'une grosse!

Je suis allé au théâtre Le Lieu (9° arr.) voir la toute première pièce adaptée d'un blog: "Dans la peau d'une grosse" C'est énormément drôle et délicieusement écrit par Caroline Desages. Un petit scoop sur Caroline Desages: il me semble qu'elle est en train d'écrire la suite Dans la peau d'une grosse(esse). Mais pschiit pschiittt pas trop d'effluves!
Pourquoi se déplacer et voir ce One (presque wo)Man Show tenu et incarné par Stéphane Navarro? Parce qu'outre ses yeux verts, Stéphane Navarro arrive à nous embarquer dans une peau indéformable: celle d'une grosse! "Super" certains sarcasmes diront. Et bien non, car la pièce n'a pas lieu d'exhiber qu'un macho transformé en grosse, non! La pièce est le miroir oblique de ce que nous sommes, des différents a priori que l'Autre peut avoir sur nous ou les pensées que l'Autre pourrait avoir sur nous. Bref, selon le NouvelObs, ce n'est pas du Brecht, je confirme que le spectacle n'évoque pas la lutte des classes mais bien celle des apparences.
Donc une pièce avec un bon quintal d'humour portée par le magnifique Sétphane Navarro. A savourer sans aucune modération!

Post-Scriptum: Pensez à réserver sur billetreduc car le théâtre est vite plein, même les lundis à 19h.

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17 février 2008

Thomas Dutronc et les frites Bordel

Lui c'est énorme!! Cette chanson est dans son premier album, très écoutable. Je retiens essentiellement cette chanson car avec son physique plutôt avantageux, il aurait pu se targuer d'une chanson qu'on aurait déjà entendu dans un bal, au moment des slows, avant de se retrouver au bar et laisser nos yeux et nos pupilles dilatées sur ce verre qui ne demande qu'à être avalé. Non, cette chanson est une forme d'apologie à la ringardise. Oui car être ringard, même avec un physique avantageux, ne signifie pas être élitiste, mais avant gardiste? Hou mon Dieu (s'il existe) je me perds dans des explications qui ne veulent rien dire ou tout au plus que dalle!
Musique Maestrooooo


THOMAS DUTRONC - Les frites
envoyé par oliv75paris

PS: merci à une amie pour cette découverte, j'étais une fois de plus, comme Philippe Katerine (pas même style) passer à côté;-)

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Juno


Juno (VOST)
envoyé par gotti57

Samedi, je suis allé voir ce film, dans une petite salle que j'adore à Annecy, le Nemours! J'avais beaucoup des doutes sur ce film car trop souvent comparé à l'excellent Little Miss Sunshine. Effectivement, Rien à Voir. mais strictement rien à voir. Little Miss Sunshine s'intéresse à 7 personnages bien écrits. Dans Juno, il n'y a que Juno. Les autres autour de sa grossesse, non désirée. A 16ans cela se comprend. Sauf que le personnage est trop mature pour avoir 16ans. Donc on n'y croit pas une seule seconde. Il est indéniable que Ellen Page est très spontanée, mais cela n'a absolument rien à voir avec la famille dans Little Miss Sunshine. En plus, dans Juno, il n'y a pas d'identité sonore, excepté le titre joué en deux guitares des très excellent Moldy Peaches, Anyone else but you. Alors que tout de même, qui n'a pas acheté la BO de Little Miss Sunshine, ou qui n'achetera pas la BO de Juno: MOI!!
Le film n'est pas mauvais mais please, ne le comparez pas avec Little Miss Sunshine car il a davantage la couleur d'un film comme Elephant de Gus van Sant ou encore Les Lois de l'Attraction, car l'action se passe dans le middle east voir l'est des Etats-Unis qu'au sud comme Little Miss Sunshine...
Et puis pour conclure, Juno ne se fait pas avorté mais préfère refiler son moutard à un couple riche et épanoui, presque: Si ça ce n'est pas un film judéo-chrétien américain?!

Musique:


Anyone Else But You - Moldy Peaches
envoyé par skinandbones


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14 février 2008

Extrait du discours de Badinter tenu le 30 janvier 2008 au Sénat au sujet de la Rétention de Sûreté

M. Robert Badinter.
Monsieur le président, madame le garde des sceaux, mes chers collègues, je tiens tout d'abord à exprimer à M. le rapporteur, et à tous ses collaborateurs, mes remerciements, et sans doute aussi, j'en suis persuadé, ceux de tous les membres de la commission des lois, ainsi que mes félicitations.

En d'autres temps difficiles, j'aurais demandé la publication du rapport par acclamation, en l'assortissant toutefois d'une restriction quant à sa conclusion.

Monsieur le rapporteur, vous avez, avec raison, recentré la création d'une rétention de sûreté au coeur de la crise pénitentiaire majeure que connaît notre pays. Sans doute eût-il mieux valu débattre de la loi pénitentiaire avant de s'interroger sur le cas particulier de criminels extrêmement dangereux. J'évoquerai dans un instant l'approche qui aurait, me semble-t-il, été la meilleure.

Je ne dirai rien de la déclaration d'irresponsabilité pénale, sur laquelle nous reviendrons au cours de la discussion, afin de me concentrer sur la création d'une rétention de sûreté.

Permettez-moi tout d'abord de constater, sans esprit polémique, que l'annonce de la création d'une rétention de sûreté n'a pas été accueillie avec enthousiasme par celles et ceux qui seront appelés à la mettre en oeuvre. C'est même tout le contraire ! Il est rare en effet que de telles mesures suscitent autant d'objections et de tous les côtés, qu'il s'agisse des associations de magistrats, des associations d'avocats - la Confédération nationale des avocats ou le Conseil national des barreaux - des associations de psychiatres - j'ai reçu de l'association des psychiatres hospitaliers experts judiciaires des lettres qui témoignent de leur inquiétude, souvent, de leur protestation, parfois - enfin, bien qu'il soit passé de mode de les prendre en considération, des organisations de défense des droits de l'homme, au premier rang desquelles la Commission nationale consultative des droits de l'homme. Toutes ces associations et organisations ont émis les plus fermes réserves sur ce projet de loi.

Comme je l'ai indiqué dans mon introduction, il eût mieux valu commencer par le projet de loi pénitentiaire, que nous attendons avec impatience. Si nous étions dans une démocratie tranquille - la nôtre est souvent agitée -, nous n'aurions pas procédé comme nous l'avons fait, après l'affaire Evrard.

Le crime odieux de Francis Evrard a mobilisé, à juste titre, la sensibilité de l'opinion publique. Pour autant, il s'agit d'une affaire unique.

Un criminel a été condamné pour acte grave de pédophilie à une peine de vingt-cinq ans de détention ; il en purge dix-sept. À sa sortie de prison, il récidive. Je me suis demandé combien de cas similaires on recensait depuis trente ans, et j'ai choisi cette durée à dessein. J'ai interrogé, entre autres, les chroniqueurs spécialistes de ces faits divers terribles. Selon les informations que j'ai obtenues, mais je ne demande qu'à avoir la preuve du contraire, l'affaire est unique.

Or, quand se produit une affaire de cette nature, encore une fois une affaire unique, le devoir du Parlement est de s'en saisir. Mais il ne s'agit pas de statuer sur les faits nouveaux qui sont soumis à la justice et qui, en l'occurrence, j'en suis persuadé, aboutiront à un très long éloignement de la société, sans doute à une condamnation à perpétuité. Non, nous n'avons pas le droit d'empiéter sur le terrain judiciaire, et tel n'est d'ailleurs pas l'objet de mon propos.

Il s'agit bien plutôt pour moi de m'intéresser à ce qui s'est passé jusqu'au moment où Evrard commet son dernier crime. Une commission d'enquête parlementaire, comme dans l'affaire Outreau, aurait dû s'interroger et surtout interroger tous ceux qui ont eu la responsabilité de s'occuper d'Evrard depuis ses premiers crimes : pourquoi n'a-t-il pas été pris en charge eu égard à ce que l'on appelle son « état dangereux » ? Pourquoi, alors qu'il était incarcéré dans la prison de Caen, a-t-il dû attendre treize ou quinze mois avant de pouvoir consulter un psychiatre qui lui prescrive un traitement ? Si ce que vous avez indiqué tout à l'heure est exact, monsieur le rapporteur, et je n'ai pas de raison de ne pas vous croire, c'est en effet le délai constaté à Caen pour obtenir un entretien individuel avec un médecin.

En d'autres termes, madame le garde des sceaux, mes chers collègues, de ce cas unique il convenait de tirer les enseignements, et de le faire publiquement. Les commissions parlementaires dont les débats et les auditions sont télévisés sont d'une incontestable pédagogie démocratique, car elles permettent au public de savoir et au législateur de prévoir. C'est en ce sens que je parlais à l'instant d'une démocratie tranquille, apaisée.

Ce texte, qui porte l'empreinte de la grande habileté de la direction des services judiciaires et de la direction des affaires criminelles et des grâces, que je connais bien, a suscité des réserves à de nombreux égards.

Dans la version qui a été soumise au Conseil d'État, il méconnaissait la Convention européenne des droits de l'homme, dans son article 5, et le principe de non-rétroactivité.

La démarche, inspirée de la pratique allemande, qui consiste à prononcer une condamnation assortie du principe d'une expertise ultérieure pouvant entraîner la mise en oeuvre de la mesure de rétention de sûreté, répond aux exigences de la Convention européenne.

En revanche, sur la question, ici majeure, de la rétroactivité, ou plutôt de la non-rétroactivité de la loi pénale plus sévère, sans analyser dans le détail une jurisprudence sur laquelle reviendra M. Yung en présentant la motion tendant à opposer l'exception d'irrecevabilité, les choses sont pour moi d'une extrême clarté.

En effet, un détenu qui aujourd'hui exécute sa peine a été condamné à une époque où la rétention de sûreté n'existait pas, par une cour qui ne pouvait pas la prononcer. C'est au cours de sa détention qu'on lui annonce qu'à l'issue de sa peine, en vertu d'une disposition qui, je le répète, n'existait pas au moment de sa condamnation, il pourra être placé pour une durée peut-être perpétuelle dans un établissement fermé, gardé par des personnels pénitentiaires et dont il ne peut sortir que sous escorte. Ce condamné connaîtra alors, croyez-moi, une aggravation considérable de sa situation pénale.

Je considère qu'appliquer cette disposition à un condamné qui exécute une peine prononcée avant la création de la rétention de sûreté constitue une atteinte au principe fondamental de la non-rétroactivité de la loi pénale plus sévère.

Les amateurs d'histoire savent que Mirabeau, lors de la discussion de la Grande Déclaration, témoignant une fois encore de sa sublime éloquence, s'exclama : « Là où la loi pénale est rétroactive, la liberté ne peut être : son ombre même ne subsiste pas. »

C'est ainsi ! Mais, au-delà des efforts de qualification, il reviendra en définitive au Conseil constitutionnel de se prononcer.

Je tiens en cet instant à souligner que la rétention de sûreté altère les principes fondamentaux sur lesquels repose notre justice.

En effet, mes chers collègues, depuis la Révolution, dans notre société, seule la justice a le pouvoir d'emprisonner un homme à raison d'une infraction commise ou, à titre exceptionnel, à raison d'une infraction dont il est fortement soupçonné d'être l'auteur.

Même la relégation de jadis, instituée en 1885, et qui a été supprimée en 1970, était une peine complémentaire prononcée par une cour d'assises.

Pas de prison, pas de détention, sans infraction : ce principe est le fondement de notre justice criminelle depuis deux siècles.

Pourquoi est-il essentiel ? Il ne suffit pas de rappeler les principes en disant qu'il en est ainsi. Il faut voir ce qu'ils recèlent, pour nous, de fondamental. Ce principe est essentiel parce que, depuis les Lumières, depuis la Révolution, nous considérons - et c'est le fondement de la démocratie - que l'être humain est doué de raison. S'il viole la loi, expression de la volonté générale, c'est bien parce qu'il est doué de raison qu'il doit répondre de son acte devant ses juges.

La justice, dans une démocratie, repose ainsi sur une certaine idée, propre à la démocratie, de la liberté humaine et de son corollaire, la responsabilité de celui qui viole la loi.

Or, avec la rétention de sûreté, au-delà de toutes les précautions de procédure et de tous les efforts de terminologie, nous franchissons la ligne qui sépare cette justice de liberté fondée sur la responsabilité de l'auteur de l'infraction, d'une autre justice fondée sur la dangerosité appréciée par des experts - le plus souvent des psychiatres - d'un auteur virtuel d'infractions éventuelles.

C'est bien là, en effet, un changement profond de notre justice : vous me permettrez de douter qu'il s'agisse d'un progrès.

Que nous propose-t-on sous l'étiquette de « rétention de sûreté », sous l'étiquette de « placement dans un centre socio-médico-judiciaire fermé » ? On nous propose le placement, pour une durée d'un an reconductible de façon indéfinie, d'êtres humains, de femmes et d'hommes, non pour ce qu'ils auront fait mais pour ce qu'ils sont présumés être : des individus dangereux. Nous quittons le domaine assuré des faits et des règles de preuve pour nous aventurer dans une autre direction. D'autres sociétés l'ont suivie, et nous savons quelles elles sont ; ce n'est pas le cas aujourd'hui, mais il n'est pas indifférent de le rappeler.

Ces individus, ces hommes et ces femmes, ne seront plus emprisonnés comme des condamnés après un procès public. Ils seront détenus - ou retenus, mais le mot ne change rien - comme des criminels virtuels, par décision d'instances composées de magistrats qui, je l'ai rappelé, se prononceront à partir d'expertises psychiatriques ou d'examens de dangerosité criminologique, avec tous les aléas que cela comporte, et qui seront amenés à rendre uniquement un verdict de dangerosité criminologique.

Je plains les magistrats qui auront à assumer cette tâche, car ils sauront que, face au risque évoqué par les experts - je tiens tout de même à rappeler qu'en matière de viol le taux de récidive constaté est de 1 %, mais peu importe -, si par malheur une récidive survient, la responsabilité, aux yeux de l'opinion publique, pèsera entièrement sur ceux qui, en l'espèce, auront refusé la rétention.

Si, en revanche, ils prononcent la rétention, que pourront-ils invoquer ? L'expertise psychiatrique ? Si tel est le cas, je me dois de mettre en garde : quand la justice de sûreté remplace la justice de liberté, elle est vouée à devenir une justice psychiatrisée. Dès lors sera ouverte une voie dans laquelle, pour ma part, je ne pourrai m'engager.

La rétention de sûreté, parce qu'elle quitte le terrain assuré des faits pour le diagnostic aléatoire de la dangerosité criminologique, ne peut que méconnaître les principes dans lesquels s'enracine une justice de liberté.

En réalité, au nom d'un principe de précaution élargi à la justice criminelle, une décision de justice maintiendra en détention, dût-on qualifier celle-ci de « thérapeutique », des êtres humains auxquels aucune infraction n'est imputée, simplement de crainte qu'ils n'en commettent une nouvelle.

Depuis le temps de la Révolution, on enseigne dans nos universités - je l'ai enseigné moi-même à des générations d'étudiants, et j'en tire fierté - que mieux vaut un coupable en liberté qu'un innocent en prison.

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Une rencontre

Durant mes études du second degré, un prof de français nous avait demandé d'étudier un texte d'Elisabeth Badinter. Et lors d'un échange sur la peine de mort avec une connaissance, dans mes recherches sur Internet (car je suis un gros inculte), je découvre un homme, un progressiste, un humaniste (peut-être je me trompe): Robert Badinter, ministre garde des sceaux durant le premier septennat de Miterrand et aujourdh'ui, sénateur . Il a été l'abolitionniste de la peine de mort!
Alors quelques extraits, notamment sur son discours à l'Assemblée nationale et de nos jours, son avis très juste sur le rétention de sureté, c'est à dire le fait d'enfermer de futur criminel...

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=I00004544


R. BADINTER - Rétention de sureté - France2 07.01.08
envoyé par daniel-c

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13 février 2008

Toxic mandoline

Notre plus célèbre joueur de yukulélé national, Julien Doré, a intérêt à bien s'accrocher... J'ai trouvé tout aussi talentueux!!


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My apologize

Voilà en cette fabuleuse journée de grippe, je surfe sur le net... Et je suis tombé sur ce petit couple asiatique qui me laisse suspendre les raisons de ne pas faire du violon pour la guitare!!

PS: le guitariste vers la fin doit attendre son public crier, pour qu'il agisse ainsi

Posté par benoitbeunet à 15:30 - Ca se lance, en vidéo! - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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