09 avril 2008
Ah!
Une amie me dit:"Ah! j'ai des invit' pour aller voir la dernière créa de Rambert pour mercredi, ça te dit?" Ah bien oui... J'aime bien ce que crée Rambert. C'est un A(h)rtiste qui a su totalement moderniser le téahtre et revoir tus les codes bien chiant qui ont fait sûrement fuir le public des salles. Si le cinéma pouvait en faire autant, cela m'éviterait de demander à l'ouvreuse d'une salle de cinéma si "Bienvenue chez les ch'tis est sous titré"? "Ah non monsieur. C'est Français!"
Petite parenthèse faite, cette amie et moi avions partagé un atelier orchestré par deux des comédiens, Vincent Thomasset et Gilles Groppo. Ce sont deux même personnes qui ont réussi à me faire découvrir le connexion possible entre mon cerveau et mon corps lorsque je joue, j'interprète un personnage, une personne. J'ai découvert leur travail dans une performance de Rambert qui se nomme After/Before. La pièce commence par un documentaire puis fini en Gong où le comédien sont vêtus de papiers crépons. J'avais apprécié l'ambiance et ce que j'avais ressenti ainsi que l'émotion offerte. Ja'i eu donc un grand et immense plaisir à revoir cette création de Rambert qui est exceptionnelle et accessible.
Pascal Rambert parle de lui. "Ah! encore un qui veut parler de lui pour qu'on parle de lui" Sauf qu'il s'est inspiré entouré d'ironie et d'autodérision de sa vie et il ne parle pas que de cela. Il évoque un futur pessimiste et rembobine le film de son histoire sur ce qu'il vit en 2030, en 2018. Le ton est très bien écrit. Le spectacle (car c'est davantage un spectacle qu'une performance distante de réalité) voyage dans l'espace, dans des contrées connues ou inconnues, un peu à l'image de ces comédiens emprunts à un éclectisme d'Identité. "Ah? je n'ai pas compris ce qu'a dit le monsieur qui commente au lieu de Faire."
Oui parce que JE fais partie de ceux qui commentent à défaut d'avoir le talent de faire. Nous, les spectateurs, commentons et Lui, celui qui a fait ou qui est sur scène, qui agit. Nous attendons que le Monde évolue, mais il n'évoluera pas dans le sens de l'Humanité, pas vers l'Homme, si nous laissons faire. Le monde évolue vers le chiffre, vers l'impalpable et le "copiable". Puisque dans le monde Rambert, en 2038, tout sera "copiable", même l'Homme et son clo(w)nage.
Vers la fin, notre clone devient un clown fou et déprimé. Il est noir et sombre. Il joue, depuis le début, sur un fond blanc avec des murs blancs. Nous sommes plongés ainsi dans un monde binaire où en politique il n'y a que la gauche qui espère agir contre une politique de droite asservissant la communauté à se diviser, se scléroser et ne regarder que Soi.
Pour le mot de la fin, mon amie me dit:"Franchement, si je ne t'avait aps dit que c'était une pièce de Rambert, tu aurais remarqué que c'était de lui." Ah... hum... Oh non. Car le metteur en scène a évolué, loin de l'image superficielle d'une doite détachée de la réalité de l'évolution humaine.
Benoit Beunet
PS: Pascal Rambert était dans la salle, au fond, jambe croisée, Iphone à la main. A la fin de la standing ovation, j'ai osé aller lui dire:" C'était très bien, très très bien." Ah quel con, encore un qui n'a pas compris qu'aucun commentaire ne suffirait...


